Les règles de vie à l’ashram

Les règles de vie de Navayuga ne sont pas là pour rendre le séjour austère, ni pour imposer arbitrairement des contraintes aux visiteurs. Elles ont une fonction précise : créer, pendant quelques jours, des conditions très différentes de celles de la vie ordinaire.

Venir à l’ashram est une démarche de confiance. Si l’on vient jusqu’ici, c’est généralement parce que l’on souhaite vivre quelque chose que le quotidien ne permet pas facilement : ralentir, se rendre plus disponible, pratiquer, observer son mental et laisser une expérience intérieure devenir possible. Cela demande de modifier temporairement certaines habitudes.

Nous demandons donc aux visiteurs de nous faire confiance sur ce point : ces règles ne sont pas séparées de l’expérience proposée. Elles en sont l’une des conditions, pour soi-même comme pour toutes les personnes présentes au même moment.

LES RÈGLES DU SÉJOUR

un cadre clair, respecté par tous

Certaines règles sont strictes pendant toute la durée du séjour. Elles ne demandent pas d’avoir déjà transformé ses habitudes ou ses pensées : elles définissent simplement le cadre commun que chacun accepte en venant à Navayuga.

  • Une alimentation entièrement végétarienne L’ashram est entièrement végétarien. Aucune viande, aucun poisson ni autre aliment non végétarien ne doit être apporté ou consommé sur le terrain, y compris comme nourriture ou snack personnel. Nous ne demandons pas aux visiteurs d’être végétariens dans leur vie quotidienne, mais nous leur demandons de respecter complètement ce choix pendant leur présence à Navayuga.
  • Aucun alcool, aucune drogue, aucun intoxicant L’ashram est un lieu de sobriété complète. Aucun alcool, aucune drogue ni autre substance intoxicante ne doit être apporté ou consommé pendant le séjour.
  • Pas de tabac ni de vapotage sur la propriété On ne fume et on ne vapote nulle part sur le terrain de l’ashram, même à l’extérieur. Les personnes qui fument sont invitées à profiter du séjour pour réduire si elles le souhaitent leur consommation ; lorsqu’elles ont besoin de fumer, elles doivent sortir entièrement de la propriété.
  • Aucune activité sexuelle pendant le séjour L’ashram n’est pas un lieu de relations sexuelles ou de recherche de partenaires. Toute activité sexuelle est exclue pendant la durée du séjour, y compris entre personnes venues ensemble.
  • Ne pas voler On ne vole pas. Les affaires des autres visiteurs comme celles de l’ashram sont respectées et ne sont pas prises ou utilisées sans autorisation.
  • Appareils électroniques laissés de côté Par défaut, les appareils électroniques ne sont pas utilisés pendant le séjour. Les appareils connectés — téléphone, montre connectée, tablette, ordinateur, etc. — sont laissés de côté et ne sont pas gardés avec soi. Un appareil non connecté, comme un appareil photo, une caméra, un enregistreur audio ou un lecteur MP3, ne peut être utilisé qu’à titre exceptionnel et avec l’accord préalable de l’ashram. Si vous pensez en avoir besoin, parlez-en avec nous avant le séjour. Les téléphones restent accessibles lorsqu’il est réellement nécessaire de donner des nouvelles, de passer un appel important ou de gérer une urgence.
  • Silence noble dans les zones qui lui sont consacrées Certaines zones, notamment celle du temple, sont des espaces de silence noble. On n’y converse pas et on n’y échange pas de mondanités. On ne parle que lorsqu’une parole est réellement indispensable et, dans ce cas, toujours à voix basse, aussi brièvement et discrètement que possible.
  • Participer au rythme de l’ashram Le séjour comprend des temps communs auxquels chacun participe : méditation, pratiques, satsangs lorsqu’ils sont proposés, ainsi que seva et travail au service du lieu. Un ashram n’est pas un hébergement où chacun compose librement un programme à la carte.
  • Respecter les personnes et le lieu Agressivité, intimidation, harcèlement et comportements intrusifs ou dégradants n’ont pas leur place à l’ashram. Chacun veille à préserver la sécurité, la tranquillité et la dignité des autres personnes présentes.

UNE DISCIPLINE À CULTIVER

des habitudes que l’on apprend progressivement à transformer

D’autres choses ne peuvent pas être exigées comme on exige le respect d’une règle. Elles demandent de l’attention, de la pratique et parfois du temps. Pendant le séjour, nous demandons simplement de les prendre au sérieux et de s’y exercer sincèrement.

  • Une parole vraie Nous demandons de s’exercer à ne pas mentir, y compris dans les petites choses : mensonges de convenance, excuses fabriquées, exagérations ou petites contre-vérités destinées à faciliter une situation. Cela ne signifie pas qu’il faille tout dire : lorsque la parole n’est ni nécessaire ni juste, le silence est souvent préférable au mensonge.
  • Réduire la parole inutile En dehors même des zones de silence strict, on cherche à parler moins et mieux. On observe l’habitude de commenter, de raconter, de remplir les silences ou de chercher constamment l’interaction. Le silence n’est pas une punition : c’est une pratique qui laisse apparaître ce que le bruit ordinaire recouvre.
  • Ahiṃsā : chercher à nuire le moins possible Nous encourageons une attention réelle à la manière dont nos actes affectent les êtres vivants : ne pas agir par cruauté, colère ou négligence, éviter le tort lorsqu’une autre solution existe et choisir d’abord ce qui cause le moins de dommage. Il ne s’agit pas d’imposer aux visiteurs un vœu absolu de non-violence : un tel engagement relève d’une discipline renonçante plus stricte et ne correspond pas au dharma de toute personne vivant dans le monde.
  • Prendre soin de l’expérience commune La discipline de chacun ne concerne pas seulement son propre séjour. Une présence agitée, bavarde ou distraite modifie aussi l’expérience des autres. Nous demandons donc à chacun de cultiver discrétion, attention et responsabilité envers le groupe et envers le lieu.

FAIRE CONFIANCE AU PROCESSUS

le cadre fait partie de ce que l’on vient chercher

Ce cadre peut sembler exigeant lorsqu’on le lit depuis sa vie habituelle. Il prend un autre sens lorsqu’on le vit. La diminution des sollicitations, le silence, la sobriété, la simplicité et la participation au rythme commun produisent progressivement un espace intérieur différent.

C’est précisément pour cela que nous demandons de ne pas négocier chaque règle selon ses habitudes personnelles. Pendant quelques jours, il s’agit d’essayer autre chose et de laisser réellement une chance à cette expérience de faire son travail.

Respecter ce cadre, c’est enfin prendre soin des autres visiteurs. Le silence de l’un aide le silence de l’autre ; la sobriété, la discrétion et l’attention de chacun contribuent à la qualité du lieu que tous partagent.